jeudi 13 juin 2013

Pourquoi a t-on des courbatures?

Que celui qui n'a jamais senti cette douleur sorte tout de suite! Tout le monde a en effet déjà ressenti cette douleur parfois insupportable qui nous rattrape le lendemain d'un entrainement sportif inhabituel -et intense.

Par entrainement sportif intense et inhabituel, je parle de la comparaison entre un petit citadin sédentaire et paresseux et un marathonien bien entraîné de haut niveau. Si les deux effectuent une course d'une dizaine de kilomètres, je ne donne pas cher des muscles du citadin. Cet effort inhabituel à ses muscles provoqueront des courbatures monstres, tandis que le marathonien s'en sortira indemne, sans aucune courbature (normalement héhé).

Mais comment les courbatures apparaissent-elles?

Les courbatures n'apparaissent pas pendant mais après l'effort -généralement 24 à 48h après, après une activité physique intense où l'on fait travailler des muscles que l'on n'a pas l'habitude de solliciter (comme le cas des mollets de notre petit citadin sédentaire).

On a longtemps inculpé à tort les innocents acides lactiques. En effet, lorsque des muscles peu sollicités sont soumis à des efforts soutenus et intenses, des mécanismes se mettent en place pour leur apporter l'énergie nécessaire. Lors d'un effort bref et intense (comme le sprint), les muscles consomment plus de sucre (glycogène) que d'oxygène. La dégradation du glycogène lors d'un effort à caractère anaérobie (sans oxygène) produit un déchet appelé acide lactique. C'est l'accumulation de cet acide qui provoque la fameuse brûlure pendant l'entraînement (mais si, rappelez-vous: il suffit de soulever/ baisser un poids assez lourd plusieurs fois de suite pour ressentir cette fameuse brûlure -qui met généralement fin à l'entraînement).

On a donc longtemps supposé que l'accumulation de ces déchets métaboliques était à l'origine des courbatures. Or, l'acide lactique est très bien éliminé par notre organisme, et très rapidement après l'effort (de l'ordre de 30 min environ). De plus, les courbatures surviennent environ 24h après l'effort. On a donc un léger problème: les temps ne coïncident pas du tout! L'acide lactique est donc innocenté.

Mais alors, qui est le coupable? A vrai dire, c'est encore un mystère de la science, même si nous avons quelques éléments de réponse...

Les courbatures viendraient en fait de micro-traumatismes des fibres musculaires, ou micro-déchirures, et parfois de la rupture des capillaires sanguins suite à la violence de l'effort, provoquant un épanchement de sang dans les tissus, et agissant comme un mini-bleu. Les fibres musculaires subissent des micro-déchirures, surtout lorsque le muscle s'allonge avec la charge: elles sont étirées de forces et se déchirent légèrement. Des fibres musculaires "entraînées" seront plus résistantes et ne se déchireront pas sous l'effet de l'effort, comme notre marathonien bien entraîné.

Ces fibres abîmées seront dès lors exposées à toutes sortes de substances toxiques pour elles, qui s'infiltreront par les fissures. Je pense notamment au calcium. Cet élément est très utile lors de la contraction musculaire, quand la cellule musculaire est intacte, cependant, cet ami devient traître lorsque cette même cellule est lésée: il s'infiltre dans la cellule par les fissures et devient dès lors toxique: il aggraverait les lésions causées par l'entraînement -comme si ça ne suffisait pas! Cependant, ce phénomène reste lent, et ce n'est qu'au bout de un ou deux jours que nous ressentons l'effet de ce calcium à double visage...

Le corps va également tenter de réparer ces "accrocs", ce qui va déclencher une réaction inflammatoire. L'organisme nettoie, élimine, répare, cicatrise et consolide les fibres musculaires. C'est le grand ménage! L'ensemble de ces phénomènes provoqueraient des douleurs appelées "courbatures"...

A noter que ces lésions ne mettent pas en danger le muscle, et sont très peu graves. Cependant, le muscle est "blessé", et il est donc déconseillé de s'entraîner sérieusement sur une courbature... De plus, les liens entre courbature et croissance musculaire ne sont pas prouvés scientifiquement. Ne vous y fiez pas!


vendredi 10 mai 2013

Quelle différence entre un muffin et un cupcake??

Euh... oui, bon, je sors un peu du sujet, là, ce n'est pas vraiment scientifique.

Mais est-ce que vous vous êtes déjà posé cette question horrible?

Pour ma part, oui... (oui, j'ai aussi un site de cuisine ici hi hi)

Voici les accusés:

Le cupcake...


Et le muffin!


Bon, comparons-les. Déjà, ce sont tous les deux des petits gâteaux individuels. Le cupcake possède presque toujours un glaçage alors que le muffin s'en passe très bien (même si certains muffins rebelles en portent un quand même...). La différence n'est donc pas uniquement sur le glaçage! Les cagettes colorées sont également typique du cupcake, mais on présente également les muffins dans des cagettes, maintenant. Alors?

Ensuite, niveau ingrédients, le muffin est moins "gras" que le cupcake, dans ce sens où il possède moins de matières grasses (j'entends huile ou beurre). Je vous fait la démonstration tout en maths (ah, on est sauvé, ça rentre!):

  • Pour la recette de 615 g de cupcake (je parle de cette recette), le beurre représente 85 g, soit 13% environ du cupcake. Le beurre représentant 760 kcal pour 100g, on peut en déduire, par un petit produit en croix, que les matières grasses apportent ici 646 kcal dans le cupcake (c'est horrible de le dire comme ça o.o)

  • Pour la recette de 615 g de muffin, l'huile représente 55 g, soit environ 9% des ingrédients de la recette. Or, l'huile (qui est plus calorique que le beurre), possède à son actif 900 kcal pour 100 g. On peut donc constater que 55 g d'huile représente 495 kcal. Les matières grasses du muffin représentent donc ici 495 kcal.

Si on fait la différence des deux, la recette du muffin a quand même environ 150 kcal de matière grasse en moins que celle du cupcake. Toujours ça de gagné. Cela peut s'expliquer par une chose très simple: en effet, le muffin est habituellement mangé lors des brunch ou breakfast aux US. Il a plus la consistance d'un petit pain sucré, si vous voyez ce que je veux dire (en fait, c'est juste un prétexte pour en manger le matin ;). Le muffin a en général plus de farine que le cupcake.

En revanche, ces deux là ont la même composition de base: farine, sucre, lait, beurre (ou huile!), œufs. Les proportions varient donc (on l'a vu ici avec la quantité de farine et de matière grasse). Et le procédé également! Alors qu'un cupcake suit traditionnellement l'algorithme : "beurre+sucre, puis œufs  puis lait et farine", le muffin se contente d'un : "ingrédients humides (œuf, huile/ beurre, lait) directement dans le mélange sec (farine, sucre), et le tout doit être à peine mélangé". 

Bon, on est bien avancé. Parce que après, niveau goût, je suis toujours incapable de différencier un muffin d'un cupcake. On voit bien sur les photos qu'ils ont un peu la même texture. Après, je pense que tout dépend des recettes de muffins et de cupcakes... Il n'y a pas vraiment de différences, au fond... C'est peut-être juste deux noms différents attribués à la même idée!

dimanche 21 avril 2013

Comment les ampoules apparaissent-elles?

Satanées ampoules! Elles ne nous laisseront jamais tranquilles. Mon article tombe à propos, car j'ai justement découvert avec délice hier qu'une merveilleuse cloque était apparue sur ma voûte plantaire. La faute à mes nouvelles chaussures, à tous les coups.



Du coup, je me suis demandée... Mais comment les ampoules viennent-elles embêter notre peau si sensible?

Les ampoules portent un nom plus sérieux: les phlyctènes. Avec un nom pareil, ce ne sont pas des lumières (ah ah). Bref, elles apparaissent lorsque nous enfilons nos baskets sans prendre la peine de mettre des chaussettes, lorsque nous essayons de nouvelles chaussures (je suis là pour l'attester), lorsque nous testons nos muscles brachiales sur la barre (avec les fameuses tractions), et même lorsque nous cuisinons ou ratissons (le manche en bois de certaines cuillères et râteaux sont particulièrement efficaces). Vous l'aurez compris, les zones privilégiées des ampoules sont nos mains et nos pieds.

Ces frottements répétés irritent la peau, et l'échauffent. Cela provoque... une séparation du derme et de l'épiderme! Mama mia! Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire?

Ces frottements ont pour conséquence de décoller l'épiderme du derme, qui sont des couches de la peau (voir schéma). L'espace qui se forme est alors rempli de liquide interstitiel, la lymphe (ce n'est pas du pus, non non!). L'échauffement favorise également la production de ce liquide, qui est une sécrétion naturelle qui enveloppe les cellules et permet d'évacuer leurs déchets, entre autres. La lymphe de l'ampoule est appelée exsudat. C'est une façon de protéger le derme de l'irritation provoquée par le frottement.

Vous avez compris le principe... La lymphe, toute à sa joie de cette occasion inespérée, s'engouffre dans l'espace créé par le décollement de l'épiderme, et plus le frottement est long, plus la production de lymphe augmente, et plus la cloque sera grosse... et une jolie ampoule apparait... Le mieux est d'attendre que l'ampoule régresse d'elle-même (au bout de 12 jours, elle doit normalement disparaitre), car percer les cloques favorise les infections, et met la peau à vif...

Encore une fois, la science triomphe de nos mystères quotidiens!

lundi 15 avril 2013

Pourquoi les jumeaux?

Je me suis toujours demandé... D'où viennent les jumeaux, à la fin? Pourquoi il arrive qu'une femme puisse donner naissance à deux enfants en même temps? Pourquoi?? Je vais nous éclairer.


La naissance de jumeaux ne représente que 3% des naissances totales en France, malgré l'augmentation de ce taux provoqué par les traitements contre la stérilité. Nous avons coutume de parler de « vrais » et de « faux » jumeaux.  Cependant, la réalité est un peu plus complexe que cela. Vous serez bientôt incollable sur cette grande aventure.

Lors de la fécondation, une cellule-oeuf, ou zygote, se forme, fusion d'un ovule avec un spermatozoïde (photo ci contre). Dans le cadre d'un développement « normal », le zygote devient un embryon puis un fœtus, et donne un enfant unique. Cependant, il arrive, sans que l'on sache vraiment pourquoi, que le zygote se divise en deux, sans explication. Toutefois, afin de mieux appréhender l'origine gémellaire, un petit retour sur les étapes franchies par le zygote s'impose.



L'ovaire éjecte un ovule (1), qui entre dans la trompe: c'est l'ovulation. Lors de la fécondation, un spermatozoïde pénètre dans l'ovule (2). Le zygote obtenu se divise à un rythme rapide (3 et 4) et poursuit son ascension vers l'utérus (5), où il se fixe à la membrane utérine (6) pour se développer: c'est la nidation.



Sept jours se sont déjà écoulés. Le zygote a déjà passé plusieurs stades: la cellule-œuf est devenue morula (« petite mûre ») après plusieurs divisions cellulaires, puis blastocyste: les cellules extérieures (trophoblastes) évolueront en placenta, et la cavité du blastocyste (blastocèle) accueillera le liquide amniotique tandis que la masse cellulaire interne deviendra l'embryon.


Kwoiiii?? Bon, regardez le schéma.



Le schéma ci-dessous explicite un peu l'environnement du bébé. A savoir que:

  • le placenta désigne un organe d'échanges entre le fœtus et sa mère. Il est formé par l' « enracinement » des trophoblastes dans la muqueuse utérine. Il permet notamment l'apport d'oxygène et de nutriments à l'embryon, qui les reçoit grâce au fameux cordon ombilical. Le placenta a également le rôle d'évacuer les déchets cellulaires produits par le fœtus, notamment le CO2. 

  • le liquide amniotique, contenu dans le sac amniotique, est un liquide stérile, clair et aqueux dans lequel baigne l'embryon puis le fœtus tout au long de la grossesse. Ce liquide le protège des chocs et des bruits extérieurs, et lui permet de se mouvoir sans risques. Son volume maximal est de 1 litre. L'expression « perdre les eaux » désigne en réalité l'écoulement de ce liquide suite aux contractions de l'utérus, qui lubrifie ainsi les voies génitales et facilite la naissance du nouveau-né.



On parle d'embryon pendant les deux premiers mois de la grossesse, de la première division de la cellule-œuf à la formation des premiers organes et des membres. L'embryon en passe de devenir fœtus est long de quelques centimètres, son cœur bat, il commence à bouger, mais son cerveau n'est pas du tout « construit ».

Au début du troisième mois, l'embryon prend officiellement le titre de fœtus. Jusqu'à l'accouchement, il grandit, grossit, et ses organes deviennent peu à peu fonctionnels.

Toutes ces notions en tête, nous pouvons désormais aborder la question des jumeaux plus sereinement. Cependant, il nous faudra diviser cette sous partie en deux points distincts: les vrais et les faux jumeaux. En effet, les vrais jumeaux résultent d'un clivage de la cellule œuf en deux sans que l'on sache pourquoi, alors que les faux jumeaux apparaissent lorsque la femme expulse deux ovules au lieu d'un, et qu'une fécondation a lieu dans chacun d'eux. Explications.

Les faux jumeaux

Scientifiquement appelés jumeaux dizygotes, les faux jumeaux sont, physiquement, aussi différents qu'un frère et une sœur. Ils représentent environ 75% des grossesses gémellaires.

En principe, les ovaires délivrent un ovule par mois. Cependant, il leur arrive d'en extraire deux, qui seront alors fécondés par deux spermatozoïdes différents, généralement au cours du même rapport sexuel. Les deux cellules-œufs poursuivent donc leur chemin jusqu'à la muqueuse utérine, où elles s'implantent. Chaque embryon développe son propre placenta, et sa propre poche amniotique. On parle alors de grossesse bichoriale biamniotique (deux placentas et deux poches amniotiques). Les deux embryons grandissent côte à côte, avec leurs propres annexes, sans aucune communication entre eux.



A la naissance, les jumeaux dizygotes sont aussi différents que des enfants issus de la même fratrie, puisqu'ils proviennent d'ovules et de spermatozoïdes différents, et ont donc un patrimoine génétique distinct.

Les vrais jumeaux

Les vrais jumeaux, ou jumeaux monozygotes, représentent 25% des grossesses gémellaires. Les vrais jumeaux proviennent de la même cellule-œuf, donc du même ovule et du même spermatozoïde. Normalement, et dans 97% des cas, le zygote ainsi formé ne donne qu'un seul embryon. Cependant, à un moment donné, et sans raison apparente, ce zygote va se diviser en deux et donner deux embryons: on parle alors de vrais jumeaux. En fonction de la date de clivage, on obtient alors plusieurs cas de figures différentes de développement gémellaire, qui peuvent parfois représenter un risque pour les futurs bébés.


Le schéma ci-dessus montre les différentes possibilités qui peuvent apparaître lors du clivage du zygote. Tout est en fonction de quand s'effectue la division de la cellule-œuf en deux.

Si le zygote se divise sous moins de trois jours, comme ce dernier ne s'est pas encore implanté dans la muqueuse utérine, on retrouve le cas des jumeaux dizygotes, c'est-à-dire que, chacun de leur côté, les jumeaux se développent avec leur propre placenta et poche amniotique. Cela arrive dans 30% des cas.

En revanche, et ce pour 70% des cas, si le clivage a lieu entre trois et sept jours, la grossesse est monochoriale biamniotique, c'est-à-dire que le zygote a formé son placenta avant de se diviser: les embryons possèdent donc le même placenta mais des poches amniotiques différentes. Dans 1% des cas, lorsque la division du zygote s'effectue tardivement, environ huit jours après la fécondation, les embryons héritent des mêmes annexes (placenta et poche amniotique).

Lorsque le clivage arrive très tardivement, ce qui est extrêmement rare, l'embryon, qui a commencé à se développer, reste « collé » par un membre sur l'autre embryon (généralement le thorax): il y a ainsi formation de siamois.

Et les jumeaux furent!

J'espère que c'est plus clair, maintenant!

lundi 1 avril 2013

Comment grossit-on?!

Bah, en mangeant trop gras, pardi! Euh... Mais encore? En ces périodes de fêtes, la question peut nous titiller. Alors au lieu de culpabiliser sur tous les oeufs de Pâque que nous avons ingurgité, posons nous la question: par quels mystérieux processus notre corps stocke t-il de la graisse? Réponse à la question.



Nos petites poignées d'amour sont généralement appelées tissu adipeux: c'est le nom donné aux tissus graisseux. Les adipocytes sont les cellules chargées de stocker la graisse et qui forment donc le tissu adipeux. On distingue deux sortes d'adipocytes:

  • adipocyte brun: ce sont des cellules d'environ 30 micromètres, possédant plusieurs vacuoles contenant des gouttelettes lipidiques. Ces adipocytes sont impliqués dans la régulation de la température corporelle (la thermogénèse). Les michrochondries (des organites cellulaires, présents dans le cytoplasme de la cellule) jouent un rôle indispensable dans ce processus. Les adipocytes brun en sont donc largement pourvu, et comme ces michrochondries possèdent une couleur brune, les adipocytes apparaissent bruns. Ils sont notamment très présents chez le nouveau-né, qui doit subir une adaptation thermique importante: il passe en effet du milieu maternel à 37°C au milieu extérieur à environ 20°C...
  • adipocyte blanc: ce sont des cellules plus grosses, de l'ordre de 100 à 120 micromètres, qui possèdent une vacuole lipidique qui occupe 95% du cytoplasme... Autant dire que le noyau se retrouve écrasé en périphérie! 
 
Les adipocytes stockent la graisse sous forme de triglycérides (une sorte de lipide fabriqué par notre organisme au niveau de l’intestin grêle, à partir des graisses apportées par l'alimentation et lors de la dégradation des sucres rapides par le foie). De ce fait, les adipocytes blancs constituent notre réserve énergétique principale, utilisée par l'organisme lorsque les réserves de glucides sont épuisées (jeûne, efforts physiques, lutte contre le froid...). On parle de lipolyse lorsque les réserves de triglycérides sont libérées dans le sang. Rappelons qu'un g de lipide constitue 7kcal, alors qu'un g de glucide ou de protéine, 3kcal.

Lorsque nous mangeons, des cellules spécifiques de notre organisme, des cellules situées dans le pancréas, détectent une augmentation du taux de glucose dans le sang (apporté par notre alimentation), et libèrent donc dans ce dernier une hormone, l'insuline, pour réguler ce taux. En effet, un taux élevé de glucose dans le sang peut avoir des effets néfastes à long terme sur l'organisme, et doit rester aux alentours de 1g/L.

L'insuline propulsée dans le circuit sanguin se fixe, durant son voyage, à des récepteurs spécifiques dans les cellules musculaires, le foie et notre fameuses cellules adipeuses. Elle agit un peu comme une clef: la présence d'insuline dans ses récepteurs spécifiques permet à la cellule de stocker le glucose et lipides "en trop" dans le sang. L'insuline agit donc comme un signal et "autorise" aux cellules adipeuses le commencement du stockage...

Une cellule adipeuse est environ sept fois plus grosse qu'une cellule basique. Elle stocke les triglycérides, et grossit, jusqu'à atteindre une taille cellulaire critique, au delà de laquelle elle ne peut plus stocker de graisse. L'adipocyte trop rempli déclenche alors la redoutable formation d'un autre adipocyte, vide de toute graisse et de par trop disposer à se remplir... jusqu'à 50 fois sa taille!! Ce phénomène de grossissement est dit hypertrophique.

On comprend donc plus facilement: plus on mange (gras), plus on fabrique de triglycérides, plus ces derniers vont être stockés... Et si nos cellules adipeuses ont toutes atteintes leur taille maximale... il y a rebelote, avec formation de nouveaux adipocytes. On parle de phase hyperplasique lorsque les adipocytes se multiplient sous un apport de graisse trop important.

Pour maigrir, il faut donc vider tous ces adipocytes de leur surcharge lipidique... Cependant, le nombre de cellules adipeuses reste le même (à moins d'une liposuccion), prêtes à se remplir au moindre faux pas, ce qui explique pourquoi il est si aisé de reprendre du poids après un régime.

lundi 25 mars 2013

Mais pourquoi les poux sont-ils si résistants aux traitements?

Ah, les poux, éternels ennemis de nos cuirs chevelus... J'en garde un souvenir effroyable, avec les soirées passées à s'arracher les cheveux avec le peigne super-méga-fin, et la honte intersidérale qui s'abattait sur les gens qui en avaient... Aujourd'hui, j'ai décidé de dévoiler la véritable identité de ce bourreau des cuirs chevelus.

poux nymphes

La photo ci dessus montre les différents stades d'évolution du poux... On pars de la redoutée lente, qui mue en nymphe, laquelle subit trois évolutions avant de devenir adulte...

Les poux vivent environ 3 à 4 semaines. Ce n'est pas beaucoup, me direz-vous. Mais si je vous dit qu'un poux femelle adulte pond de 100 à 300 oeufs dans toute sa vie, vous changerez surement d'opinion. Malheureusement pour nous, les poux ont le sens de la famille...

Le poux adulte mesure 3 à 4 mm de long. Il ne sait que ramper (et non sauter ou pire, voler!), bien qu'il soit très rapide. C'est une bestiole hématophage, c'est-à-dire qu'il se nourrit de sang (comme les Vampires, entres autres). Le pou a un cycle de vie qui se décompose en trois parties:
  • Les lentes sont les oeufs pondus par les femelles. Elles éclosent au bout d'une semaine environ et sont de couleur blanchâtre, et collées à la base du cheveu par une substance collante (glue spéciale appelée chitine). Très attachant... Lorsque le bébé pou sort de sa coquille, cette dernière reste accrochée au cheveu... Le cheveu poussant -certes- lentement, la durée de l'infestation peut donc être évaluée par la distance des lentes au cuir chevelu.
  • Les nymphes sont des sortes de petits poux (1 mm de long), qui sortent des lentes, et encore trop immatures pour procréer. Elles ont trois stades de maturation qui leur permettent de grandir (voir les trois spécimens de la photo en partant de la gauche). L'ensemble de ces stades se déroulent sur environ 10 jours après éclosion. Les nymphes sont très mobiles, car elles cherchent à envahir de nouvelles têtes.
  • Le pou adulte vit donc de 9 à 10 jours. Il a une couleur qui peut aller du gris au noir, en passant par le brun et le rouge, mais a une facheuse tendance à adapter sa couleur en fonction de celle des cheveux, de façon à passer inaperçu...
Il ne survit que quelques heures en dehors de notre tête (ou de celle des voisins...) En effet, pour maintenir sa température corporelle, le pou reste près du cuir chevelu, dans les régions chaudes et humides de notre crâne. Il affectionne particulièrement les cheveux de la nuque, et aux alentours des oreilles. Le pou se nourrit plusieurs fois par jour... de notre sang (en très infime quantité, je vous rassure). Pour cela, il injecte dans le cuir chevelu un anesthésiant local tiré de sa salive. Lors de la piqûre, le sang est fluidifié grâce à un anti-coagulant, qui d'un, comme son nom l'indique, empêche le sang de coaguler et de deux, facilite ainsi sa nutrition. Tout bénéf'! 

Sauf que cet anti-coagulant provoque une réaction alergique, et les piqûres répétées amènent ainsi la fameuse démangeaison, qui aboutit au geste que nous redoutons bien... Nous gratter la tête avec véhémence! A noter que le pou ne transmet aucune maladie à son hôte. Pour la petite anecdote, les poux méritent bien leur réputation de teigneux: ils peuvent survivre 24 h sous l'eau...

Pour se débarrasser des poux, plusieurs méthodes existent. Les méthodes chimiques sont les plus utilisées; elles consistent à utiliser un pesticide contre les poux, ou ovicide, Et c'est là qu'intervient ma question: pourquoi les poux sont-ils si résistants aux traitements? Maintenant que la vie du pou n'a plus de secret pour nous, nous pouvons y réfléchir. 

Il y a quelques années, l'efficacité des produits anti-poux n'était plus à prouver. Cependant, de nos jours, ces traitements semblent presque inefficaces contre ces nouveaux "superpoux". On fait automatiquement le lien avec les résistances des bactéries aux antibiotiques... La solution ne peut que être dans ces eaux-là! Je m'explique.

Les poux se multiplient très rapidement. Or, ces nombreuses naissances ont plus de chance de voir apparaitre une mutation spontanée dans le patrimoine génétique de ces nouveaux-poux. Mutation késako? C'est juste une légère modification de l'ADN (pour faire très simple), qui apparait de façon spontanée. On le sait, l'ADN détermine nos gènes, qui eux-mêmes déterminent nos caractères physiques, physiologiques... 

Or, une toute petite modification de rien du tout de l'ADN peut entrainer des variations de ces caractères, comme des maladies (ex: la mucoviscidose, où, si une mutation affecte l'ADN qui code pour un canal servant à fluidifier le mucus, ce canal se retrouve mal formé, entrainant toutes les suites de la maladie...) mais parfois -et heureusement- des avantages... 

Ainsi, les poux développent une résistance face à la substance nocive des pesticides grâce à cette mutation spontanée. L'utilisation en masse des traitements chimiques provoquent une sélection naturelle: en effet, les poux "normaux", c'est-à-dire sans cette mutation qui leur procure une résistance au pesticide, succombent donc au traitement, alors que celui qui est immunisé survit et continue à proliférer: or, tous ses descendants porteront cette mutation... et seront donc résistants au traitement...

Le pou, ce parasite si familier de nos crinières... ça ne vous gratte pas un peu, là, à tout hasard?

dimanche 24 mars 2013

Pourquoi le ciel est-il bleu?

Encore une question d'apparence banale... qui, si on y réfléchit bien, n'est pas facilement explicable. Après tout, la lune donne vue non pas sur un ciel bleu mais bien sur un noir total, semé d'étoiles! Alors que se passe t-il?

photo-ciel5

Le problème est lié à l'atmosphère. En effet, la Terre a, au contraire de la Lune, une masse suffisante pour avoir une atmosphère. Cette dernière est composée exclusivement de gaz: l'air sec (oxygène, azote, dioxyde de carbone...) et de vapeur d'eau.

La lumière qui éclaire la Terre est apportée par le Soleil. C'est une lumière blanche, qui est donc, de fait, polychromatique! Petit rappel pour ceux qui seraient perdus: une lumière polychromatique est une lumière composée de plusieurs couleurs. Comment c'est possible? Il suffit de décomposer la lumière blanche à l'aide d'un prisme:

lumière blanche

Les couleurs obtenues sont les couleurs de l'arc en ciel (comme par hasard!). On associe à chaque couleur une longueur d'onde. Les plus grandes tirent vers le rouge, les plus courtes vers le bleu.
Or, les molécules de l'atmosphère diffusent beaucoup plus les longueurs d'onde très courtes, comme le violet et le bleu, et négligent ainsi les longueurs d'ondes plus grandes.

diffusion lumière
Le bleu et le violet sont donc plus largement diffusés que les couleurs rouges par l'atmosphère terrestre, qui apparait bleue et donne ainsi au ciel cette couleur si familière!

Par ailleurs, le soleil couchant est rouge car il se situe alors à l'horizon, et Dieu sait que l'atmosphère est plus épaisse à cet endroit là, en raison des nombreuses couches d'air qui s'entassent. Ainsi, les courtes longueurs d'ondes comme le bleu, violet, vert, sont davantage diffusées, si bien que les longueurs d'ondes encore en lice sont plutôt rouges... Et le soleil apparait donc rouge, alors que le ciel prend une jolie teinte rosée voire violette!

Cette explication est applicable au soleil en lui-même, que nous voyons plus jaune que blanc (des satellites nous certifient chaque jour que immaculé est le soleil!). En fait, le manque de bleu provoque un excès de rouge, qui jaunit notre étoile.

Encore un mystère révélé!